Jeux d’IA, le piège de l’empathie artificielle

Pour ce troisième rendez-vous, je vous propose de prolonger notre réflexion sur la place de l’IA dans notre quotidien.

Aujourd’hui, la faille de sécurité la plus critique ne concerne plus que nos serveurs, elle nous touche directement en tant qu’humains, au moment précis où l’on laisse la machine s’immiscer dans notre vie privée pour remplacer nos confidents.

le piège de l’empathie artificielle

Illustration imaginée et décrite par Christian Belala puis générée en partie avec l'aide d'intelligence artificielle, représentant 5 robots humanoïdes souriant faisant coucou de la main, pouce levée, ou croisant les bras, avec en titre "Jeux d'IA" et  'avec Christian Belala', avec en filigrane 'les jeudis de l'été', et Christian sous forme d'illustration en bas à droite tenant un micro.
L'habillage de un podcast sinon rien sous forme de jt télévisuel indique les informations de l'épisode, Jeux d'IA - 23 juillet 2026 / Le piège de l'empathie artificielle / Vos secrets méritent mieux qu'un algorithme.

Dans cet épisode, je vous propose de redonner sa place à l’outil.
Nos vrais secrets méritent mieux qu’un algorithme, ils méritent de vraies personnes.

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Vignette du podcast Jeux d'IA de Christian Belala.
Christian regarde dans un miroir d'un air interrogatif main sur menton, dans le reflet un robot humanoïde au même comportement en effet miroir, à côté un autre miroir inverse la situation ou le robot humanoïde regarde son reflet qui est Christian.
Illustration imaginée et décrite par Christian Belala puis générée en partie via IA et composée avec les outils traditionnels de création graphique par Christian.
Ecoutes rémunérées via Sybel Spotify Logo


transcription de l’épisode

Bonjour et bienvenue à tous et à toutes. C’est Jeux d’IA, c’est tout l’été, le Jeudi à… l’heure que vous voulez. Aujourd’hui, je vous propose de parler de nos relations aux autres. Oui, l’humain d’abord, vous le savez. Jusqu’ici, on avait l’habitude de voir l’intelligence artificielle cantonnée à nos tableaux de bord ou à nos résumés de réunion.

Mais cette époque là est révolue. Désormais, la machine s’installe confortablement dans notre vie privée, dans nos émotions et même dans nos relations intimes. Au début, ça prête à sourire. On l’a tous fait ou on l’a vu faire. Par exemple, demander un tchat GPT ou un chatbot quelconque. La phrase d’accroche parfaite pour une application de rencontre.

Ou encore lui faire rédiger une lettre de motivation absolument impeccable. Sur l’écran, on a l’air brillant, super drôle ou hyper compétent. Mais une fois dans la vraie vie, au moment du rendez-vous amoureux ou face au recruteur, l’illusion s’effondre. On a juste sous-traité notre intelligence émotionnelle. Là où il faut s’interroger.

C’est que la ligne jaune peut très vite être franchie. Parce que c’est tellement confortable que l’on risque peu à peu de glisser. Certains demandent même à l’IA de résoudre des conflits de couple. On lui demande un conseil d’ami à 3h du matin quand on se sent un peu seul. Et pourquoi ?

Tout simplement parce que la machine est toujours disponible, qu’elle ne nous juge jamais et surtout qu’elle est programmée pour aller dans notre sens. Elle ne nous contredira pas. Son fonctionnement même est conçu pour nous donner raison et nous satisfaire. Et là, attention, on entre dans une zone beaucoup plus sombre. Ce petit confort anesthésiant est un piège redoutable.

Aujourd’hui, des millions de personnes entretiennent de véritables relations amicales ou romantiques avec des avatars virtuels. Et les conséquences peuvent être dramatiques. Récemment encore, des cas tragiques ont fait la une. Des personnes isolées, parfois très jeunes, ont fini par mettre fin à leurs jours après des mois de conversations intimes avec une machine. Des intelligences artificielles qui n’ayant aucune conscience ni morale ont simplement validé et accompagné leur mal-être au lieu de les alerter ou de les sauver. Rassurez-vous, heureusement, tout ne finit pas de façon tragique. On trouve aussi des situations beaucoup plus légères et même franchement drôles. Si vous cherchez un peu sur Internet, oui, de vous-même, pas en demandant IA, vous verrez des gens qui racontent très sérieusement s’être disputés avec leur intelligence artificielle parce qu’elle a oublié leur anniversaire virtuel. Ou d’autres qui s’est carrément de rendre leur chatbot jaloux. C’est très cocasse, ça prête à sourire, mais au fond, ça montre à quel point on a vite fait de projeter des sentiments sur de simples lignes de code.

Ça nous ramène à une chose essentielle, la véritable intimité, celle qui nous construit, celle qui nous rend humains, elle est désordonnée. Elle implique des frottements, des disputes, des silences gênants même, et surtout, le risque d’être rejeté. En fuyant ce risque humain, pour le confort lisse d’un algorithme, on s’isole profondément.

Et n’oublions pas un point, celui de la sécurité de nos données. Quand vous confiez vos doutes, vos peines de cœur ou vos secrets inavouables à un chatbot, vous offrez sur un plateau d’argent vos failles psychologiques à des entreprises dont le modèle économique est de capter et de monétiser votre attention. Alors que doit-on faire ?

On ne va pas jeter l’outil. Il est formidable pour plein de choses. Mais remettons le à sa place. L’empathie artificielle n’existe pas. C’est une simulation mathématique. Alors, reprenez le droit d’être maladroit. Envoyez ce texto imparfait avec des fautes. Osez la vraie confrontation. Gardez vos vrais secrets pour de vraies personnes.

Je vous remercie de votre écoute. Restez curieux et à très vite.

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